La mort

 

difficile de voir la mort en face

de la fixer dans les yeux

surtout quand elle rode si près

si près

dans notre ombre

si près

que l'on entend ses pas

derrière nous

si près

que l'on perçoit sa respiration

dans notre cou

si près

que l'angoisse nous étreint

et pourtant

et pourtant

toi Pierre

tu l'as vu venir de si loin

sans révolte

sans colère

tu l'as vite reconnue

cette soeur de la vie

tu lui as donné la main

avec sérénité

sans aucune crainte

avec elle tu as cheminé

tu l'as suivi vers cet ailleurs

vers cet envers du monde

qui nous fait parfois si peur

tu as marché à ses côtés

avec confiance

parce que le chemin que tu empruntais

s'illuminait d'espérance

tu voyais le soleil radieux

au bout de la clairière

tu nous as consolé de notre chagrin

tant l'appel de l'au-delà

te semblait doux

peu à peu tu as fermé les paupières

tu es parti sur la pointe des pieds

pour ne pas déranger

nous voilà affligés d'une lourde peine

endeuillés

nous fléchissons les genoux

et prostrés

nous murmurons cette ultime prière

adieu

vieux frère

adieu

cher pierre